mardi 7 juillet 2009

L'envie.

J'étais plus jeune un peu quand j'ai attrapé l'âge de raison. Ça c'est passé de même: j'avais une blonde qui s'entendait un peu trop bien avec un de mes chums.

Là, vous vous dites sans doute qu'on sait bien, que c'est tout le temps de même.

Ben, c'est vrai asti. En tout cas...

J'ai oublié son nom au gars, mais il était plus grand que moi, plus fort sans doute. Il était socialement habile. C'est vrai, l'enfant de chienne arrivait à me défendre des osti de jambons de l'équipe de football pendant que moi, ben, je croulais sous les coups. Lui, il n'avait jamais rien, c'était le bon gars, j'étais la petite langue sale qui "comprend" des "choses", qui lit des "livres pas d'images".

Ah, il était cool là: toujours prêt à aider le monde, surtout ses chums, il faisait des bons gags, n'avait pas l'air de penser juste au cul, contrairement aux autres de son âge (dont moi-même) et en plus, l'esti savait nager. Pas moi. L'été, c'était winner pas mal, mais pas pour moi.

Il y avait une grosse sortie dans l'année quand on était au secondaire. C'est sûr que si on avait eu un système d'éducation un peu cohérent, un tout petit peu plus intéressant et surtout plus orienté vers l'enseignement de la théorie et le raffinement de la pensée critique, ils nous auraient amené au Planétarium ou au Camp de l'espace... Mais non, la gang d'asti de zoufs de profs insignifiants nous amenaient tout le temps au maudit Village des Sports!

Juste de l'eau pis du profond.

Ah, il y avait une piste de Go-Kart que j'aimais ben. J'en aurais fait toute la journée, mais c'était une activité payante.

Fait que à la place, je regardais mon chum qui savait nager, faire la chandelle, des bombes et des plongeons. De l'autre bord, c'était pas mieux, les Musclors de l'école faisaient les frais sur la plage en jetant des regards de harengs frit sur les filles que je trouvais tellement fines, sensibles et attachantes. En tout cas...

Je me dévire pour voir où en était l'autre chum, celui qui me protégeait des Musclors. Il était en train de jouer dans l'eau avec ma blonde et des amies de ma blonde. Pis là, je l'ai vu prendre la blonde par la taille pis la lancer d'in airs.

Fait que j'ai passé l'après-midi à me méfier des Musclors aux yeux de harengs frits et à avoir envie d'arracher les gosses du seul gars qui osait me défendre contre la gang de pré-mottés.

Fait que j'ai pris le livre que j'avais amené, pis j'ai lu Dragonlance pendant 4 heures, sous le Soleil ben sec.

Pas pour rien que j'ai fini en philosophie, esti.

vendredi 3 juillet 2009

La politique de l'aveu.

Tsé là, après la pluie ça sent l'ozone dès fois. Cette fois là, c'était pire que d'habitude, on sentait l'électricité dans l'air, ou bien de l'énergie. En tout cas, quelque chose n'était pas comme d'habitude, ça se voyait partout. Sur la rue, on se regardait avec des regards obliques, on se retournait souvent pour regarder par-dessus nos épaules. C'était comme si la ville avait peur de se faire prendre, comme si on allait découvrir quelque chose de sale et de honteux en-dessous de la belle harmonie collective.

Weird.

Les dicussions se faisaient en sourdines. Si quelqu'un s'exclamait, c'était par une question: «qu'est-ce que tu veux dire?» ou «pourquoi tu dis ça?». D'habitude, ça memérait gaiement, ça bitchait un peu et ça jugeait beaucoup, mais là... c'est comme si tout le monde s'était levé en réalisant que tout le monde avait des choses à cacher.

À l'ère de l'information, où tout peut se faire googler, où on peut stalker nos ex sur Facebook, on se retrouve vite à court de cachettes. Les choses qu'on ne sait pas se font rares, on le sent que les petits secrets vont se faire savoir, on n'est pas naïf, hein?

Je suis opportuniste moi dans la vie, un survivor, pis tsé... faute avouée est moitié pardonnée. J'ai pas fait ni une ni deux, je suis monté sur un hood de char, je me suis mis en bedaine, j'ai levé mes bras au ciel pis j'ai crié:

«Scuse moé!»

Juste au cas.

C'est ben certain que le monde m'ont regardé un peu bizarre, mais si la fin du monde arrive demain, j'aurai ben un bout de fait.

La fin du monde, ça m'interpelle moi ça: la fin du monde. La fin là... imaginez un peu: tout vos secrets, toutes vos petites hontes, tout vos traits de caractères, tout ça là qui disparaît, qui fini. Ça vous écoeure pas un peu de savoir que votre personnalité tire à sa fin? Anyway, c'est trop lourd, on n'aime pas ça, on change de sujet.

Fait que je suis debout sur mon hood de char, les tétines à l'air à m'excuser comme un perdu, les bras en croix, pis là j'entends une voix dans ma tête (la mienne je pense, mais on n'est jamais sûr de ces choses là): «Tu t'excuses de quoi au juste?».

Fait que j'ai les bras en croix, le monde me regarde bizarre pis je dis:«je le sais ben pas!». Fait que si l'apocalypse arrive demain, je suis fourré, j'ai rien à dire au Bonhomme.

C'est là que je me suis dit que j'allais prendre ça comme un homme, comme un vrai homme. Mieux encore, j'ai décidé que j'allais être responsable, comme un vrai mâle adulte. Je me paye une formation en "politique de l'aveu" de 101 drette là où ça se passe, chez les pros de Jésus, les consultants de la foi: les cathos du Bible Belt américain.

J'ai juste une question à leur poser à propos de l'Apocalypse et de Dieu: «qu'est-ce qu'il faut que je lui dise?»


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